La Passion du Christ
Parmi les éléments les plus lamentables de l'Histoire chrétienne on se rappelle les persécutions des Juifs parce qu'ils étaient tenus responsables de la mort de Jésus. En France, dans le Comté de Venaissin qui appartenait au Pape, les Juifs devaient porter un chapeau jaune pour être reconnus.
Nous, les Chrétiens, nous pourrions nous demander "Où serait notre salut si le Christ n'était pas mort sur la croix ?"
La prémisse de la culpabilité des Juifs est fausse. De plus la question de base, celle du salut ou le rédemption du monde s'agit du salut de l'humanité et non pas de la condamnation de ceux dont les convictions ne sont pas identiques avec les nôtres !

Toutefois nous devrions réexaminer la Passion du Christ. La conséquence philosophique du salut du monde réalisé sur la croix devrait impliquer la volonté divine, le contexte religieux et intellectuel de la Passion du Christ et non pas des questions juridiques, par exemple les rôles respectifs des autorités juives et romaines confrontées par un enseignement qu'elles ne comprenaient pas. .
La "Passion" est un mot difficile. L'origine du mot français s'associe à un verbe latin "patior, pati, passus sum," qui se dit souffrir en français. Le verbe est déponent, c'est à dire de forme passif mais de sens actif. En ce cas c'est pertinent et intéressant. Un théologien britannique, W.H. Vanstone1 constate que Jésus était actif. Il voyageait, il enseignait etc., jusqu'au moment de son arrêt. Le terme comporte une passivité, comme la souffrance est passive. Les malades, les blessés doivent cesser leurs activités ou se reposer pendant un certain temps.

En ce sens la passion n'était pas  une tragédie ou un désastre. Pour les Chrétiens elle était un événement révèlatrice de l'intention divine. Les théologiens disent Heilsgeschichte pour "l'histoire du salut du monde" qui manifeste la grâce de Dieu. Le salut, comme la foi est le don de Dieu. L'humanité ne mérite pas le salut comme elle ne mérite pas la foi qui est un don de Dieu, une conséquence de la bonté divine.

1 The Stature of Waiting W.H. Vanstone (en anglais)
Historiquement les Chrétiens ont fait une erreur d'interprétation. Dans le langage populaire Judas était traitre - il a trahi Jésus. Heureusement les traductions françaises modernes utilisent le terme livrer, mais comment comprendre l'acte de Judas ? En grec il y a deux verbes très proches dont les préfixes sont différents. Prodidomi (προδιδωμι) se dit "trahir" alors que paradidomi (παραδιδωμι) se dit livrer, et c'est paradidomi que nous lisons dans les évangiles et dans le Nouveau Testament. La motivation de Judas est nécessairement obscure mais il n'était pas traitre - comme nous le lisons dans les textes. 

En tous cas on ne peut pas éviter la maladie ou la souffrance sa vie durant.  Nous sommes comme nous sommes. Nous vivons dans le  monde, c'est-à-dire dans le cosmos, dont Dieu est la source première et force motrice.  Le cosmos est comme il est et comme il a évolué. Quant à Judas, sa souffrance était le chagrin. Il  regrettait ce qu'il avait fait dont il se peut que la motivation fût malavisée plutôt que malicieuse.

Chagall La Crucifixion blanche
Page 2 l'intuition
Une première page sur le Christ
livré pour nous
Une deuxième page sur la passivité du Christ reconnu par le centurion