Paolo Caliari vers 1563 véronèse : le mariage à Cana

Lisons l'évangile
Le théologien britannique, John Marsh, disait que l'évangile raconte ce qui se passe en ce qui a lieu, pour élucider l'évangile selon St Jean. La lecture perspicace des bonnes nouvelles de Jésus Christ ne devrait pas être la mémorisation d'une liste de faits historiques, car ces documents racontent l'événement du Christ.
L'évangile de St Jean, tel que nous l'avons reçu, a pris sa forme actuelle, peut-être un siècle après la mort de Jésus. "Sa" communauté rassemblait certains groupes chrétiens avec leurs intérêts et leurs croyances spécifiques.
C'est bien, car la foi chrétienne est vivante. Elle ne se représente pas seulement dans ses histoires, ses doctrines et ses pratiques immuables. La force d'une religion vivante, c'est l'engagement des personnes de foi, alors que sa fondation historique, transmise et parfois modifiée par les contributions des fidèles à travers les siècles est dynamisée par le Saint Esprit..  
Au premier coup d'œil les versets qui racontent le mariage à Cana sont surprenants. C'est surprenant qu'une famille n'a pas assuré une suffisance de vin pour le mariage. On n'organise pas un mariage sans prévoir l'achat d'une quantité "raisonnable" de vin, et on attend qu'il en reste - une petite récompense pour les amis qui prépare le banquet !

 
La mère de Jésus, dont le nom n'est pas mentionné, donne "ses" ordres aux serveurs. Elle n'était pas désintéressée. Jésus "proteste" que son heure n'est pas venue. Malgré sa réaction, Jésus dit aux serviteurs "remplissez d'eau ces vases, dont il y avait six. Les serviteurs les ont remplis ...
C'était curieux, mais les serviteurs ont puisé, c'était un bon "millésime", et le mariage s'est terminé avec le meilleur vin. 
Ce qu'il manque
Aux vases, dont il y a six, il manque le septième, comme il manque le vin et comme il manque l'arrivée de l'heure de Jesus : cf. Jean xiii:1.
En Psaume 104 14-15 nous lisons
Il fait germer l’herbe pour le bétail,
Et les plantes pour les besoins de l’homme,
Afin que la terre produise de la nourriture,
15 Le vin qui réjouit le cœur de l’homme,
Et fait plus que l’huile resplendir son visage,
Et le pain qui soutient le cœur de l’homme.

Les anciens savaient que le vin avait ses propriétés. Il pouvait réjouir le cœur de l'homme ou même apporter une "vie" ou une "convivialité" à la célébration. A l'époque, sans connaissance scientifique moderne, cette source de vie, comme les bonne plaisanteries qu'elle entame, représentait, dans un certain sens, la vie qui nous est apportée par Jésus.
Donc, en examinant le tableau, nous n'assistons pas qu'au mariage raconté dans l'évangile, bien que les gens du seizième siècle ne voyaient qu'un mariage. Il faut le perception, parfois intuitive, de de qui se pass en ce qui a lieu.
La lecture perspicace
Comment partager la prise au sérieux du Christianisme ?
La Bible comprend quelques surprises. L'histoire du mariage à cana raconte un "signe." Le terme "miracle" ne se dit ni d'un acte je Jésus ni d'un Chrétien dans le Nouveau testament. En tous cas le principe d'un miracle arbitraire serait injuste. Cette signe nous propose un indice. Il manque un vase, le signe symbolise la discontinuité par conséquent de l'avènement du Christ. Les miracles ne sont "disponibles" qu'aux "choisis" peu nombreux, mais le signe permet l'expression de  l'amour de Dieu pour tous.   
Le Texte Jean 2: 1-11
Trois jours après, il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là, 2 et Jésus fut aussi invité aux noces avec ses disciples. 3 Le vin ayant manqué, la mère de Jésus lui dit: Ils n’ont plus de vin. 4 Jésus lui répondit: Femme, qu’y a-t-il entre moi et toi? Mon heure n’est pas encore venue. 5 Sa mère dit aux serviteurs: Faites ce qu’il vous dira. 6 Or, il y avait là six vases de pierre, destinés aux purifications des Juifs, et contenant chacun deux ou trois mesures. 7 Jésus leur dit: Remplissez d’eau ces vases. Et ils les remplirent jusqu’au bord. 8 Puisez maintenant, leur dit-il, et apportez-en à l’ordonnateur du repas. Et ils lui en apportèrent. 9 Quand l’ordonnateur du repas eut goûté l’eau changée en vin, ne sachant d’où venait ce vin, tandis que les serviteurs, qui avaient puisé l’eau, le savaient bien, il appela l’époux, 10 et lui dit: Tout homme sert d’abord le bon vin, puis le moins bon après qu’on s’est enivré; toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent.
11 Tel fut, à Cana en Galilée, le premier des signes que fit Jésus. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.
Le mariage à Cana

Une lecture pour l'Epiphanie